Le "Grand Paris" en débat à Provins

Le grand ParisAvec Michel HOUEL, nous avons accueilli jeudi dernier Christian BLANC à PROVINS.

Cette réunion publique, nous l’avons voulue d’abord comme un temps d’échange sur le Grand PARIS avec les élus seine-et-marnais. Plus de 300 d’entre eux ont répondu à cette invitation à un dialogue franc, direct et constructif.

Je peux vous dire que le jeu en vaut la chandelle car il s’agit d’un projet de loi de très grande importance, pas seulement pour Paris et sa région, mais aussi pour toute la France.

Cela ne doit naturellement pas nous faire oublier la Seine-et-Marne.

Chacun sait, Monsieur le ministre, que c’est un département que tu connais bien et auquel tu ês attaché.

Les élus présents ici savent aussi que la Seine-et-Marne est multiple et que la coupure est/ouest est une réalité qui rend une approche globale de la Seine-et-marne parfois difficile.

Cela signifie que la perception du Grand Paris ne sera évidemment pas la même sur la frange occidentale du département et ici à PROVINS. Ce qui est vrai pour PROVINS l’est également à Coulommiers, à Montereau ou à Nemours. Plus généralement sur les franges du département, encore marquées –et nous y sommes attachés- par la ruralité.

Ce fait objectif et indubitable que les marches de l’Ile-de-France sont très différentes de son cœur ne veut naturellement pas dire que le Grand Paris doit les ignorer , pas plus qu’il ne doit ignorer la frange seine-et-marnaise en lien direct avec la conurbation parisienne. Car finalement, nous sommes tous et toutes des franciliens.

Vous êtes ici à PROVINS, au cœur de la Brie et déjà en Champagne historique. Pourtant la réalité socio-économique m’impose de dire que cette partie de la Seine-et-Marne encore largement tournée vers la Champagne, vers Troyes jusqu’à la fin du siècle dernier, est aujourd’hui davantage tournée vers l’Ouest et vers Paris.

Ce changement de tropisme est une évolution majeure et assez rapide dans le grand cours du développement de ces territoires. C’est lié d’abord au dynamisme et à l’attractivité de la région parisienne. Mais c’est aussi et surtout l’effet des transports collectifs de plus en plus efficaces. C’est vrai des liaisons de bus vers Marne-la-Vallée et Melun mis en place depuis 10 ans avec le Département.

C’est vrai des liaisons par le rail avec l’amélioration du fonctionnement de la ligne Paris-Provins – malheureusement encore non-électrifiée !- grâce à la livraison des rames bi-mode financées par la SNCF et le STIF.

En clair, le transport est primordial car il garantit la mobilité que nos habitants attendent. Il garantit aussi une forme de modernité et de progrès auxquels nous n’entendons pas renoncer. Et ce d’autant moins en Ile-de-France, région la plus riche d’Europe dans laquelle nous ne pourrions pas comprendre d’avoir toute notre place.

Au risque d’être un peu caricatural, je dirai que le sens de la mission de Christian Blanc, c’est de faire prendre maintenant la bonne direction, celle qui permettra de rivaliser avec les 3 ou 4 autres villes-monde de la planète. En un mot, que l’Ile de France ne regarde pas passer le train de la modernité.

Note rôle, c’est que la Seine-et-Marne ne regarde pas passer le train du Grand 8, le train du Gand Paris qui se matérialisera dans ce réseau.

Il y a dans ce Grand Paris des territoires fantastiquement dynamiques, avec des atouts considérables, même si leur spécialisation économique reste perfectible : Le Bourget, Saint-Denis-Pleyel, la Défense, Saclay, Orly et sans oublier ROISSY et DESCARTES-NOISY qui nous touchent directement ici en Seine-et-Marne.

Les liens entre ces territoires restent insuffisants et l’ambition du Grand Paris, c’est d’abord d’innerver ces territoires.

Comme tout projet un peu novateur, visionnaire aussi, il fait débat, il fait réagir pour des raisons de fond ou pour des raisons moins avouables. Ce qui est clair, c’est qu’il bouscule et qu’on ne peut balayer d’un revers de main la question centrale qu’il nous pose, celle du rôle de l’Etat.

Je fais partie de ceux qui considère que l’intérêt général incarné par l’Etat veut encore dire quelque chose. Je serai là pour défendre cette vision de l’Etat.

Je serai là également pour défendre l’insertion de ce projet dans son environnement. C’est le sens des amendements importants que nous avons déposés et qui ont été adoptés à l’unanimité par la commission du développement durable de l’ Assemblée :

  • - un premier qui vise à insister sur la nécessité de veiller à la bonne articulation du réseau du Grand Paris avec l’offre actuelle de transports publics en Ile-de-France
  • - un deuxième amendement dispose que « le réseau de transport public du Grand Paris est interconnecté aux autres réseaux de transport public ».
  • - enfin un troisième amendement permet d’ assurer que le financement ne doit pas obérer les capacités d’amélioration et de modernisation des infrastructures existantes.

En quelque sorte, à côté de la « fusée » du Grand Paris, nous avons positionné « un petit lanceur » à 3 étages avec :

  1. un schéma de transport articulé avec l’offre existante
  2. des réseaux interconnectés
  3. enfin des financements compatibles avec l’amélioration du réseau actuel.